Depuis 2020, nous avons vécu une période qui, pour moi, a profondément transformé notre société, nos relations, et notre capacité à dialoguer. Ce qui m’a le plus marqué, c’est de constater que ceux qui se présentaient comme les champions de la tolérance, de la bienveillance et du « vivre ensemble » ont souvent été les plus durs, les plus fermés, les plus prompts à juger et à exclure.
Sous prétexte qu’ils suivaient le bon camp, qu’ils pensaient « juste », ils se sont permis de rejeter toute pensée divergente sans discussion possible. Je l’ai vu chez des proches, comme chez cet ami que j’ai pris pour exemple : [Lettre à un Ami] leur certitude d’avoir raison les a rendus imperméables à la nuance, à l’écoute, à l’échange.
Pendant que certains affichaient une tolérance de façade, moi, je n’ai fait que poser des questions, chercher à comprendre. Je ne prétendais pas détenir la vérité. Pourtant, pour avoir simplement douté, j’ai été catalogué, étiqueté, mis à l’écart. Alors je prends ici, mon droit de réponse. Car beaucoup ont fini par se taire. Pas par conviction, mais pour éviter le conflit. Ce silence n’était pas une adhésion, c’était un acte de survie dans ce système sous haute protection des tolérants. Les premiers à crier que nous sommes manipulés. Il faut être un convaincu pour cela.
Ce que je retiens de ceci, c’est que l’intolérance ne vient pas toujours de ceux qu’on désigne comme tels. Elle s’est souvent logée chez ceux qui parlaient le plus fort de respect et de liberté, mais qui, en réalité, refusaient toute remise en question. Ils suivaient le courant, persuadés que dévier, c’était trahir.
Aujourd’hui, les blessures sont là. Les divisions sont profondes. Mais je reste persuadé qu’il est encore temps de reconstruire, de rouvrir les espaces de dialogue, à condition d’accepter que penser autrement n’est pas une menace. C’est une richesse. Et c’est peut-être ça, la vraie tolérance.
Carl Os